Présentation
Voilà enfin ce troisième tome promis depuis 2012 et reporté d’année en année pour manque de données. Il a bien fallu clore les recherches inabouties et vous livrer l’existant qui ne représente pas tout à fait l’objet de nos espérances. Vous n’y trouverez pas les textes attendus sur les sabotiers, ni sur les charrons, ni sur les tonneliers, ces métiers du bois dont nous avons pourtant des preuves irréfutables de leur présence dans le Haut-Florival. Mais on ne peut construire un article sur la seule base d’une facture et tous nos efforts pour compléter la documentation auront été vains.
En contrepartie, ce tome fait une place plus large à l’histoire du passé forestier de notre vallée. Elle nous rappelle l’importance de la forêt dans la vie économique de nos aïeux.
Aujourd’hui c’est tout le contraire. Alors que la forêt n’a jamais été aussi étendue : elle a gagné 5 millions d’hectares en France en un siècle ; ni aussi productive : les arbres grossissent et le volume de bois à l’hectare augmente ; son exploitation n’est plus rentable. Seule la moitié du bois produit chaque année en France est récoltée, en cause : le morcellement des propriétés forestières. Par conséquent le nombre de scieries a chuté de 79 % depuis 1996 dans notre pays, une centaine disparaît encore chaque année, il n’y en a plus dans notre vallée. Les entreprises forestières artisanales sont en grande difficulté face aux gros acteurs du marché qui, comble de l’ironie, n’hésitent pas à importer du bois de l’étranger (1).
Vous aurez donc du mal à trouver une poutre taillée dans un sapin du Lauchen aujourd’hui, malgré tous nos moyens techniques. Alors que nos ancêtres, au prix il est vrai de gros efforts, pouvaient construire leur maison du faîte au plancher avec les arbres du pays. Ce qui explique que la vision que nous avons de la forêt, n’est pas celle des hommes qui ont vécu les épisodes relatés dans ce numéro et que je vous laisse découvrir.
(1) Source des chiffres cités : Isabelle Verbaere « Y a-t-il assez d’arbres en France pour se chauffer ? » in Ça m’intéresse n°444 février 2018
Sommaire
- De l’usage des chemins de schlitte
- Les forestiers dans les Corps-Francs en 1814
- Le registre d’ordre Meistersheim
- Quelques souvenirs de Dauvillers
- Les planches à calendrer
- Camille Jean-Baptiste Gaspard
- Mémoires du charpentier Werlen
- Le dernier Schindlemàcher
- Le Florival en feu
- La fête des bucherons de Lautenbach
- Bibliographie du Grand-Ballon
![[n°39] Les métiers du bois et de la forêt (tome 3)](https://patrimoine-haut-florival.fr/wp-content/uploads/2011/12/CDP_39.jpg)